L’estime de soi

«Qu’est-ce que l’estime de soi?

– C’est une valeur que je m’attribue dans les différentes sphères de ma vie.

– C’est l’opinion que j’ai de moi sur le plan physique, sur le plan intellectuel et sur le plan social. En amour, au travail et dans ma créativité.

– Elle peut être haute, basse, stable ou instable, selon les différents aspects de ma vie.

D’où vient l’estime de soi?

– De la qualité des messages reçus par l’enfant de ses parents.

– Des attentes et projets des parents sur l’enfant.

– De l’apprentissage des règles de l’action, oser, essayer, persévérer. Comment les autres nous voient dans nos capacités, nos limites.

– L’estime de soi grandit quand on fait face à l’adversité.

– L’estime de soi se construit tout au long de la vie.

L’estime de soi pour sa personne

– C’est la confiance dans sa valeur comme être unique.

– C’est l’acceptation totale de tous les aspects de soi.

– C’est l’amour bienveillant pour soi.

– C’est « je t’aime pour qui tu es ».

L’estime de soi pour ses compétences

– C’est la confiance dans ses capacités d’apprendre.

– C’est l’appréciation de ses réalisations, si petites soient-elles.

– C’est l’évaluation de ses progrès personnels.

– C’est la poursuite de ses buts et objectifs.

– C’est « je t’aime pour ce que tu fais ».

Nourriture de l’estime de soi

À travers toutes nos expériences nous cherchons à satisfaire ces deux grands besoins : nous sentir aimé et nous sentir compétent.

L’estime de soi en mouvement.

L’être humain est constamment en train de percevoir et de juger sa personne et son agir de façon favorable ou défavorable.

Quand la surdité apparaît

L’estime de soi pour sa personne et ses compétences peut être ébranlée.

L’influence de l’estime de soi sur l’adaptation à la surdité

La façon dont j’ai de me regarder (caractéristiques, défauts, qualités) de me parler (ce que je me dis sur moi) et de me sentir (émotions, sentiments) aura un impact sur mon adaptation à la surdité et sur comment les autres vont me percevoir et m’évaluer avec cette surdité.

Visages de l’estime de soi impliqués dans l’adaptation à la surdité

Confiance en soi : croire en ses capacités d’apprendre d’autres façons de comprendre.

Acceptation de soi : intégrer ses limites dans l’image de soi.

Satisfaction de soi : reconnaître et apprécier ses succès et ses progrès.

Assurance, être sûr de soi : prendre des décisions éclairées et persévérer.

Affirmation de soi : exprimer et défendre ses besoins, faire des demandes, recevoir de l’aide.

Les ennemis de l’estime de soi

Le perfectionniste : LA peur de l’imperfection, de se tromper, de faire des erruers, la recherche de toujours bien faire ou toujours faire mieux, fait plus, « ce n’est jamais assez ».

L’exagération des obstacles : toutes les phrases pessimistes telles que : « ce n’est pas possible, « je n’y arriverai jamais ».

La plainte et la destruction : voir tout en noir, se décourager, se faire violence ou la reporter sur autrui ou sur l’environnement.

Les regards déformants : orienter son attention sur un défaut sans regarder l’ensemble de sa personnalité et s’imaginer que les autres ne voient que ce défaut particulier.

Le déni : Ignorer et ne pas reconnaître ses propres besoins. Cela peut aller jusqu’à se mentir soi-même et faire semblant.

L’évitement : tentative de protéger l’estime de soi en s’éloignant de toutes situations qui me confrontent à mes limites. Diminuer les occasions de communication.

Clés pour être un bon allié pour soi

– Apprendre à se connaître et à s’accepter.

– Agir : les actions quotidiennes sont la gymnastique d’entretien de l’estime de soi. La pratique régulière d’un loisir ou d’une passion font du bien à l’estime de soi.

– Se donner droit à l’erreur : il n’y a pas d’évolution sans essai-erreur. Il faut avoir une vision réaliste de l’échec, pas tout noir ou tout blanc.

S’affirmer

– C’est la capacité à exprimer ce qu’on pense, ce qu’on veut, ce qu’on ressent tout en respectant autrui.

– C’est se respecter suffisamment pour se donner des droits face aux autres.

– C’est pouvoir dire « non » sans agressivité.

– C’est demander sans toujours s’excuser.

– C’est répondre avec calme à une critique.

À quoi sert une bonne estime de soi

– À faire la part des choses : ce qui vient de moi, ce qui vient d’autrui.

– À être plus autonome : reconnaître ses besoins, moins se sentir soumis au regard d’autrui ou au jugement des autres.

– À plus de détachement et d’humour : relativiser ses erreurs et ses échecs pour repartir avec confiance et sérénité.»

(Se comprendre – hiver 2007)

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Communiquer avec un professionnel de la santé

«Dans une salle d’attente d’une clinique ou d’un hôpital, les personnes malentendantes doivent souvent trouver des trucs afin de ne pas manquer leur rendez-vous. Par exemple, un des participants a dit qu’il doit toujours rester attentif lorsque l’infirmière ou le médecin nomme le prochain patient, car si personne ne se lève à ce moment-là, c’est assurément parce qu’on vient de le nommer.
Un autre participant, quant à lui, a laissé savoir qu’il préférait demander à la personne assise à ses côtés de l’avertir si on le nomme.

Avant une consultation, il peut s’avérer utile d’être bien renseigné, surtout si l’on doit se rendre dans un nouvel endroit. Pour ce faire, quelqu’un a fait remarquer l’utilité d’acquérir un télécopieur, comme l’appareil n’est plus aussi dispendieux qu’avant. Le télécopieur est très pratique pour recevoir de l’information écrite par un professionnel de la santé ou même un notaire, un comptable, un avocat, etc. Il ne faut pas non plus négliger l’importance de l’ordinateur, qui permet d’obtenir de l’information par courrier électronique et de se renseigner sur tous les domaines médicaux grâce à Internet.

Il a aussi mentionné qu’il était important de garder son ou ses appareils auditifs avant une chirurgie et ce, jusque dans la salle d’opération. Il faut demander à l’infirmière d’enlever les appareils à l’anesthésie seulement, car le chirurgien, l’infirmière ou l’anesthésiste pourrait avoir besoin de nous communiquer de l’information importante. Mme Saint-Amour a relaté l’expérience d’une personne qui avait été opérée dans deux hôpitaux différents. Dans le premier hôpital, la personne n’avait eu aucun problème à garder ses appareils auditifs dans la salle d’opération, tandis que dans le second elle avait été obligée d’argumenter et d’exiger que les professionnels de la santé lui laissent ses appareils.

Tout le monde est appelé, à un moment ou à un autre de sa vie, à consulter un professionnel de la santé : médecin, dentiste, infirmière, radiologiste, pharmacien, etc. Il peut s’agir d’une consultation de routine (ex : examen annuel), qui se répète le plus souvent au même endroit, avec le même professionnel. Il peut s’agir également d’une consultation dans le cas d’une maladie, en vue d’un diagnostic et d’un traitement, ce qui risque de se dérouler dans des endroits nouveaux, avec des professionnels inconnus et parfois nombreux.

Que les professionnels et les lieux soient connus ou étrangers, cela ne représente nullement la même difficulté. Que l’on consulte alors que l’on est bien portant ou malade, cela ne suscite nullement la même anxiété. Il faut donc bien s’y préparer et y réagir différemment :

1. Pour vivre le moins d’anxiété possible

2. Pour communiquer efficacement avec le professionnel rencontré.

Et le tout, très souvent, dans un court laps de temps. Ceci représente parfois un défi, mais encore davantage lorsqu’on y rajoute un problème d’audition, qui peut encore augmenter l’anxiété (peur de ne pas comprendre, ne pas oser faire répéter par manque de temps…).

En cas de maladie ou d’hospitalisation, la présence d’un proche, en plus d’être réconfortante et rassurante, peut aussi être fort utile à une personne malentendante ou sourde pour obtenir toutes les informations nécessaires à la compréhension de la maladie et du traitement.

Voici un éventail de stratégies visant à faciliter la consultation de différents professionnels de la santé dans différentes situations. Chaque clinique, hôpital, profession ou professionnel ayant ses particularités, vous pourrez certainement en trouver de nouvelles à ajouter à la liste.

Avant une consultation quand c’est possible

1- Se connaître (observer quand, où on a mal, quels sont les effets du traitement)

2- Se documenter (livres, brochures, émissions de télévision, associations)

3- Écrire ses questions (pour les préciser, pour ne pas oublier)

4- Choisir le professionnel (disponibilité, facilité de communication)

5- Discuter avec d’autres (proches, associations, de telle maladie, de tel professionnel)

6- S’informer de l’endroit où l’on doit aller (organisation physique, fonctionnement)

7- Se faire accompagner (demander à un proche ou prévoir un interprète professionnel)

8- Choisir l’heure de son rendez-vous de façon à avoir plus de temps (le premier ou le dernier de la journée)

Dans la salle d’attente

1- Prévenir la réception de ses problèmes auditifs (verbalement, CommuniCarte, petite oreille collée sur la carte d’assurance maladie)

2- Informer le personnel des moyens qui facilitent la communication

3- Informer le personnel de la façon d’être prévenu de notre tour

4- Se placer près de la réceptionniste ou du haut-parleur

5- Se placer de façon à bien voir ce qui se passe (organisation physique des lieux, numéros de porte)

6- Demander à un autre usager de nous prévenir de notre tour

7- Observer l’ordre d’arrivée des autres usagers (de façon à savoir quand arrivera notre tour)

8- Observer le fonctionnement de la clinique (où se dirigent les personnes appelées? Quelle porte? Quel couloir?)

9- Ne pas hésiter à vérifier auprès de la réceptionniste en cas de doute

À la clinique (hôpital ou clinique privée)

1- Prévenir le professionnel de ses problèmes auditifs

2- Informer le professionnel des moyens qui facilitent la communication (compréhension auditive et/ou la lecture labiale)

3- Demander de changer de place ou des aménagements si nécessaires (professionnel dos à la lumière)

4- Recourir à un interprète si nécessaire

5- Poser des questions précises. Utiliser une liste écrite de questions à poser (« combien de jours durera l’hospitalisation? » plutôt que « est-ce que ce sera long? »)

6- Donner des informations précises (sur la maladie, les symptômes, la douleur, etc)

7- Demander d’écrire les termes techniques (le nom de la maladie, d’un traitement, d’un médicament)

8- Demander d’écrire les informations importantes

9- Demander des explications sur les termes techniques (expliquer en termes simples, mais clairs, un traitement)

10- Demander des précisions ou des éclaircissements sur la maladie, le problème, le traitement

11- Discuter avec le professionnel si l’on n’est pas d’accord ou si l’on a des observations différentes

Lors d’une hospitalisation

1- Prévenir le personnel soignant de ses problèmes d’audition

2- Informer le personnel des moyens qui facilitent la communication (port de prothèses auditives jusque dans la salle d’opération)

3- Informer le personnel des moyens qui empêchent la communication (bruits d’appareils, masques, absence d’éclairage, etc)

4- Mettre la CommuniCarte en évidence (par exemple, reproduire en gros le texte de la Communicarte que l’on collera à la tête ou au pied du lit)

5- Poser des questions précises, utiliser une liste écrite des questions à poser

6- Demander que ces informations écrites soient attachées à la civière (dans le cas d’une opération qui demande une anesthésie générale)

7- S’informer à l’avance des différentes situations qui seront rencontrées (pour mieux s’y préparer)

8- Demander d’allumer une source de lumière la nuit ou d’en laisser une en permanence

9- Faire lever la tête du lit pour faciliter la lecture labiale

10- Utiliser un interprète

IMPORTANT : La Communicarte est fort utile ! Gardez-la toujours sur vous, avec votre carte d’assurance maladie.»

(Se comprendre, automne 2006 p.12 à 15)

UN iPOD PEUT SE RECHARGER…PAS VOS OREILLES

Que se soit au gym, dans l’auto, peu importe où nous sommes, peu importe l’âge que nous ayons, le iPod est maintenant un accessoire incontournable dans la vie de plusieurs d’entre nous! Quelles sont les conséquences d’une écoute prolongée à plus de 85 décibels? Cela peut-il avoir un effet sur notre audition?